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Cassis : Les secrets d'un ébéniste restaurateur de cadres anciens

À l'invitation de l'association des Amis du Musée de Cassis, Philippe Duvieuxbourg, artisan d'Art spécialisé en marqueterie et dorure était samedi 24 novembre à la Maison de l'Europe et de la vie associative pour donner une conférence intitulée "La conservation et la restauration d'objets mobiliers en bois doré".

Cassis : Les secrets d'un ébéniste restaurateur de cadres anciens

 

Philippe Duvieuxbourg, s'appuyant sur de nombreux échantillons, a expliqué son beau métier. /Photo C.R.

Philippe Duvieuxbourg connaît bien Cassis : "Le premier cadre que nous ayons restauré ici, mon épouse Anne et moi-même, c'était il y a 20 ans celui du tableau classé de Guys (1792) qui fait l'orgueil de la prud'homie de pêche et commémore la prise de fonction en 1791 des premiers prud'hommes cassidens. Il était dans un état épouvantable et c'était un vrai défi", se souvient-il. Depuis, l'atelier Duvieuxbourg a redonné régulièrement une nouvelle jeunesse à de nombreux cadres de tableaux anciens de la collection du musée.

Le conférencier a d'abord expliqué ce qu'était une belle dorure : "Les dorures à l'ancienne, dites à la détrempe, se font à l'eau, jamais avec des solvants. Les bois, soigneusement dégraissés au préalable, sont enduis de plusieurs couches successives d'un mélange de colle de peau de lapin et de poudre de craie préparé au bain-marie. L'application se fait en tapotant avec une brosse à apprêt pour répartir les charges. Puis on lisse l'enduit avec la brosse trempée dans l'eau tiède. Après séchage et ponçage, il faut dégager les gorges et les sculptures des excès d'apprêt avec des crochets appelés fers à reparer (et non réparer). Ces fers servent aussi à créer un décor dans l'apprêt : fines entailles, motifs floraux… Ce sont des outils que l'on tire vers soi." Il a ensuite expliqué l'application des feuilles d'or épaisses de quelques microns, et comment on efface les chevauchements entre elles avec la brosse à user.

Très souvent, les dorures anciennes ont été recouvertes d'enduits au cuivre, des "bronzines" qui s'oxydent et tournent au vert de gris : "Il faut d'abord enlever ces couches parasites pour dégager la feuille d'or d'origine et faire les réparations nécessaires". Au XIXe siècle, avec l'industrialisation, sont apparus les cadres en plâtre moulé, moins chers : "Ils sont très délicats à restaurer, il faut remettre en place les éclats qui ont pu être récupérés, reconstituer les manques, puis faire les raccords à la feuille d'or en respectant la teinte et les épaisseurs."

Philippe Duvieuxbourg a conclu son propos sur un conseil : "N'accrochez jamais les miroirs anciens, leur poids élevé déforme le cadre et vous risquez une catastrophe, il faut toujours les appuyer sur une petite équerre."

 

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