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Cassis/Concert: Un grand moment de romantisme avec Aimo Pagin

Pour le second récital de piano de leur saison 2014, les Rencontres musicales de Cassis ne se sont pas trompées en accueillant samedi dernier à l'Oustau Calendal le jeune pianiste de réputation internationale Aimo Pagin, âgé de 31 ans.

Cassis/Concert: Un grand moment de romantisme avec Aimo Pagin

un grand moment de romantisme pour le public des Rencontres musicales de Cassis. /Photo C.R.

"Merci de votre présence et de votre fidélité, a assuré Brigitte Ley, la présidente des Rencontres, en souhaitant la bienvenue au public. Un grand merci tout particulièrement à nos mécènes privés, à notre sponsor les Moteurs Baudouin et leur président Jason Lee, à la ville de Cassis, sans lesquels nous ne serions pas ici. Ce soir ce sont deux heures très romantiques qui vous attendent avec Aimo Pagin. Aimo, je l'ai connu tout petit: ses parents vivaient comme nous à Strasbourg et je jouais avec son père, Diego, qui était violon solo dans l'orchestre de la radio allemande Südwestrundfunk. Quant à sa maman, c'est la grande violoniste roumaine Silvia Marcovici. Aimo a la musique dans son ADN, c'est un magnifique pianiste qui donne toute sa mesure dans la musique romantique."

Au programme, Liszt et Schubert. Liszt, d'abord, avec deux pièces des "Années de pèlerinage" composées de 1835 à 1838. Le 104e Sonnet de Pétrarque, un magnifique chant d'amour humain, dans un style qui ne cache pas sa filiation avec les Nocturnes de Chopin, des modulations incroyables, avec une richesse de couleurs qui en font l'un des grands joyaux du répertoire romantique. Puis la Vallée d'Obermann, une pièce un peu mystique, inspirée d'Obermann, un roman épistolaire de Sénancourt, et du Pèlerinage de Childe Harold, une ode de Byron: une longue méditation métaphysique en quatre parties qui chante le romantisme dans les paysages.

Puis Schubert, avec la Sonate pour piano en si bémol majeur D960, sa 21e et dernière sonate, romantique, mythique, la plus grande. Sans doute son testament musical: Schubert se sait condamné et mourra trois mois plus tard. Un fleuve grandiose où il multiplie les mutations de couleurs et d'éclairage, une pièce à la fois sombre, tragique, bouleversante, mais aussi joyeuse de la beauté du monde, en quatre mouvements: le très lent Molto moderato, l'Andante sostenuto qui est l'apogée émotionnelle de l'œuvre, le Scherzo, avec des moments très légers, pour finir sur l'Allegro ma non troppo.

Un grand moment de romantisme servi par une technique et une sensibilité d'exception. Aimo Pagin a, comme Edna Stern qui avait triomphé ici même il y a trois semaines, été l'élève du grand Leon Fleischer au Peabody Institute de Baltimore. Comme elle, il en a rapporté une finition impeccable. Pour le reste, deux tempéraments on ne peut plus différents, tout en féminité pour l'une, tout en virilité revendiquée pour l'autre.

LE PROCHAIN RÉCITAL

Duo Solot avec Stéphanie Salmin et Pierre Solot (Dvorak, Gershwin, Joplin), samedi 22 mars à 17h30 à l'Oustau Calendal. L'esplanade Aristide-Briand sera ouverte au stationnement pour le concert. Entrée 25 €, tarif réduit 18 €. Cocktail dînatoire 25 € (uniquement sur réservation au Tel 06 67 90 02 80). Un bulletin de réservation disponible sur www.musicalescassis.com permet de réserver et de recevoir les billets par courrier.

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