Le dernier concert de la saison 2014 des Rencontres musicales de Cassis s'est achevé en beauté samedi dernier devant un public nombreux de Cassidens, d'Aixois, de Marseillais, de Bédoulens…, sur un récital de piano à quatre mains, une forme spécifique de jeu pianistique pour deux interprètes sur un même piano.
Stéphanie Salmin et Pierre Solot ont conclu en beauté les 5e Rencontres musicales de Cassis. /Photo C.R.
"Vous allez entendre ce soir Duo Solot, a annoncé la violoniste Brigitte Ley qui préside les Rencontres. Ce sont deux artistes magnifiques, Pierre Solot et Stéphanie Salmin, qui ont trouvé une manière originale d'exercer ensemble leur art. Tous deux diplômés des Conservatoires Royaux de Mons et de Bruxelles, du Centre européen de Maîtrise pianistique Eduardo Del Pueyo, de la chapelle Musicale Reine Élisabeth et de la Hochschule der Künste de Berne, ils ont suivi les cours de F. Dupont, V. Delamazure, D. Ouziel, A. Madzar et J.C. Vanden Eyden." Tous deux belges, ils se sont rencontrés en 2008 et ont formé, un an et un mariage plus tard, le Duo Solot."
"Nous allons vous proposer ce soir un voyage à quatre mains vers l'Amérique, a expliqué Pierre Solot. C'est au XIXe siècle que sont apparues les transcriptions, ou plutôt "réductions", pour piano à quatre mains de pièces du grand répertoire, une pratique qui a permis de faire connaître et partager la grande musique au plus grand nombre en la jouant dans des salons."
Le récital s'est ouvert sur une réduction pour piano à quatre mains de la Symphonie du Nouveau monde d'Anton Dvorák (1841-1904). "On y retrouve, surtout dans l'Adagio du 1er mouvement, a indiqué Pierre Solot, les caractéristiques rythmiques des influences que Dvorak appelait "nègres et peaux-rouges", des rythmes déhanchés que l'on retrouve curieusement dans la bohème natale du compositeur. Le 2e mouvement, Largo, plus nostalgique, est encore plus américain, parce que moins tchèque. Le 3e mouvement est un scherzo très vigoureux, quant au 4e, Allegro con fuoco, grandiose et très américain, il reprend les mélodies des trois premiers." Un grand moment offert au public par le jeu amoureux, fusionnel et parfaitement au point de ces deux beaux artistes.
En 2e partie, George Gershwin (1898-1937), avec la réduction pour 4 mains de sa très célèbre Rhapsody in Blue, qui allie la musique classique au jazz: "Gershwin est un vrai musicien Américain, un bel exemple de métissage culturel, juif russe imprégné d'influences afro-américaines. La Rhapsody in Blue pour piano et orchestre est pour moi l'œuvre la plus importante du XXe siècle." Puis Scott Joplin, avec trois ragtimes: "Le ragtime, c'est le métissage entre une base classique et des syncopes africaines". Une interprétation bouleversante et une ovation bien méritée pour Duo Solot.