Joli succès pour les visites du Château de Cassis organisées à la faveur des Journées du patrimoine. Ce sont en effet quatre groupes d'une grosse vingtaine de visiteurs qui ont tour à tour pu admirer de l'intérieur cet édifice historique sous la conduite éclairée de Gérard Gaudin, professeur agrégé d'histoire et président de l'association des Amis du musée.
Férus de patrimoine, les visiteurs ont été passionnés par l'histoire du Château de Cassis. /Photo C.R.
Ils ont ainsi pu ainsi suivre dans toutes ses péripéties l'histoire bimillénaire d'un bâtiment qui n'a jamais été une demeure seigneuriale, mais plutôt une position défensive dominant la mer, le Carcisis Portus, sous la domination romaine. De simple poste d'observation sous l'empereur Antonin, il se transforme en une enceinte fortifiée au VIIe siècle. Il devient au XIIIe siècle propriété des marquis des Baux qui en font une véritable forteresse abritant plusieurs dizaines d'habitations et une église. L'époque est en effet peu sûre et les habitants quittent le bourg pour échapper aux raids barbaresques.
Au XVe siècle, il y aura jusqu'à 50 maisons (il en reste une, conservée et restaurée pour témoigner) et 250 habitants à l'intérieur de l'enceinte fortifiée qui devient propriété de l'évêque de Marseille jusqu'à la Révolution. Au XVIe siècle, la place est prise d'assaut par les Impériaux de Charles-Quint commandés par un Français, le connétable de Bourbon qui a trahi François Ier à la suite d'un conflit d'intérêts, les habitants sont massacrés, les maisons pillées et les remparts détruits. Les survivants et leurs descendants, en récompense de leur héroïsme, se verront dispenser de certains impôts par François Ier ! À la fin du siècle, les habitants désertent le château et se réinstallent dans le bourg.
Cent ans plus tard, le Comte de Grignan fait installer de nouveaux canons et renforce les défenses. Des batteries qui seront inspectées par le général Bonaparte en 1794 avant d'être détruites en 1813 par un commando anglais infiltré grâce à une trahison. Son rôle défensif disparaissant, le château sera mis en vente par l'État en 1896. Depuis, c'est une propriété privée qui, après une superbe rénovation, propose aujourd'hui de très belles chambres d'hôtes.
Les visiteurs ont découvert la richesse archéologique du Cassis antique, sur terre et sous la mer. /Photo C.R.
Autres succès des Journées du patrimoine, les visites de la Prud'homie de pêche et des deux expositions du musée de Cassis: "Sur les traces du Cassis antique" et "Cassis, port de la peinture, 1845-1945, au tournant de la modernité", commentées par Jean-Claude Cayol, le conservateur du musée, qui ont attiré de nombreux visiteurs.