Créé en 1910 pour accueillir une collection de quarante-sept toiles de maîtres provençaux léguée par les peintres marseillais Marius et Eugénie Guindon, le Musée municipal d'art et traditions populaires de Cassis se vit rétrocéder simultanément par la ville la collection, aujourd'hui classée monument historique, dite des "Bienfaiteurs de l'Hospice".
Aline Raynaut (2e gauche) commente le portrait du bienfaiteur Rastoin qui devrait être prochainement restauré. /Photo C.R.
Cette collection rassemble une quarantaine de portraits de Cassidens qui, de 1601 à 1915, contribuèrent en participant, financièrement ou par leur travail, au fonctionnement de l'Hospice du Saint-Esprit, aujourd'hui disparu. Pour les remercier, les autorités de l'époque demandaient à des peintres locaux de faire leur portrait. Autant de bienfaiteurs, autant de portraits accrochés aux cimaises de l'établissement.
"Ces tableaux présentent donc un intérêt patrimonial considérable pour l'histoire de Cassis, souligne Jean-Claude Cayol, le conservateur du musée. Leur état s'étant dégradé au fil du temps, la ville et son musée ont eu à cœur depuis des années d'entreprendre la restauration des toiles elles-mêmes et de leurs cadres d'époque." L'entreprise est de longue haleine et s'accomplit au fur et à mesure des financements.
Jeudi dernier, en présence du député de la circonscription, Bernard Deflesselles, du maire, Danielle Milon, de Jean-Claude Cayol et de Gérard Gaudin, le président de l'association des Amis du musée qui recueille les fonds nécessaires, une nouvelle étape a été franchie avec le retour de l'atelier de la restauratrice Aline Raynaut de huit portraits fraîchement restaurés des Bienfaiteurs et le départ de quatre toiles du fonds Guindon (La villa La Rose du Ciel à Cassis de H. Ebrard, Sous-Bois de Fabius Brest, Nature morte aux Raisins d'Eugénie Guindon, Vase de Fleurs Lilas d'Eugène Petit). Une opération d'un coup total de 22 000 €, financée grâce aux crédits accordés par Bernard Deflesselles sur sa réserve parlementaire.
"La restauration d'un tableau ancien, assure Aline Raynaut, est chaque fois un travail personnalisé: il faut étudier le tableau avant de le nettoyer, bien connaître les matériaux et les artistes. Une approche de sensibilisation nécessaire avant de consolider les petites déchirures ou traiter les pertes de matière. Tout cela en prenant en compte le local où sera accroché le tableau, les caractéristiques de la climatisation. Chaque fois il faut s'adapter, c'est ce qui rend ce travail passionnant."
"Dans ma circonscription, a conclu le député, il y a peu de musées de cette qualité, et je suis fier de l'aider à pérenniser ces collections d'un intérêt unique en accordant, depuis plusieurs années, des subventions à l'association des Amis du Musée."