Invité de la librairie Préambule, José d'Arrigo, journaliste d'investigation dont la réputation n'est plus à faire, animera aujourd'hui à partir de 11 h un nouveau numéro des "apéros littéraires" du Bar du XXe siècle, autour de la signature dédicace de son livre "Marseille Mafias: ce que personne n'ose dire", paru en novembre dernier aux Éditions du Toucan.
José d'Arrigo a mené l'enquête deux années durant au cœur du "système marseillais". /Photo Repro C.R.
Régulièrement - chaque mois, chaque semaine - la ville de Marseille fait la "Une" des journaux à la rubrique des faits divers, des règlements de comptes, des affaires de corruption ou des basses manœuvres politiques. Pourquoi cette récurrence, cette spécificité, cette triste notoriété ? Que se passe-t-il de spécifique dans la seconde ville de France ?
Pour répondre à cette question, José d'Arrigo, ancien grand reporter du Méridional, du Figaro et du Dauphiné libéré, marseillais lui-même et grand connaisseur de la cité phocéenne, a décidé de convier ses lecteurs à une longue balade au cœur de Marseille et de ses mœurs obscures, depuis le temps de Gaston Defferre, qu'il a bien connu, jusqu'aux années Gaudin. Marseille Mafias s'appuie avant tout sur une expérience unique de vie marseillaise, courant sur près d'un demi-siècle. Décortiquant un par un tous les aspects du problème, d'Arrigo a mené l'enquête pendant deux ans et interviewé plus de cent quatre-vingt témoins venus de tous les horizons: le port bien sûr, la mairie, la région, les syndicats, les Corses, la police, le commerce et ses acteurs, l'immigration, les religions, le football, la corruption, l'incivisme et la crasse, les trafics et le grand banditisme.
Tous ces fléaux et toutes ces dérives dénoncés au fil de 448 pages apportant chacune son lot de révélations. La dénonciation d'un système remontant aux années maudites du sabianisme. Les parrains en costume rayé, les Spirito et Carbone, les Guérini, les Zampa et autres Jacky Le Mat et Fancis le Belge ne sont pas loin. Un système qui perdure, assure l'auteur, citant Edmonde Charles-Roux, qui considère que le clientélisme fait à Marseille partie "de l'exercice normal du pouvoir".
Mercredi 17 avril de 11 h à 13 h au Bar du XXe siècle, avenue Victor-Hugo : "Marseille Mafias: ce que personne n'ose dire", de José d'Arrigo. Renseignements: Librairie Préambule, 8 rue Pierre-Eydin à Cassis, Tél 04 42 01 30 83.