Pour le premier des trois récitals de piano programmés pour leur 5e saison, les Rencontres musicales de Cassis ont frappé un grand coup en accueillant samedi dernier, devant un Oustau Calendal quasi comble, la jeune pianiste belgo-israélienne Edna Stern.
Edna Stern a réussi à conquérir le public des Rencontres musicales de Cassis. /Photo C.R.
En souhaitant la bienvenue au public, Brigitte Ley, la présidente des Rencontres, a tenu à remercier le maire, Danielle Milon, présente dans la salle, "pour l'appui très important que la ville de Cassis apporte à nos manifestations". "Vous allez entendre ce soir Edna Stern, une pianiste magnifique, l'une des interprètes favorites des "Mailomanes" de Gérard Abrial, qui présente ses programmes avec beaucoup de charisme, dans un jeu tout en finesse. Un jeu qui porte la marque des trois grands pianistes qui l'ont façonnée: le panache de Martha Argerich, la musicalité de Leon Fleisher et l'impeccable finition de Krystian Zimerman. Elle va vous interpréter un programme essentiellement axé sur le "siècle des lumières", avec des opus qui reprennent en partie le programme de son CD, le Clavier des lumières, la sonate en do mineur de Galuppi et les Variations sur Ah, vous dirai-je maman, auquel elle ajoutera deux grandes sonates de Beethoven, Les Adieux et la Pathétique. Beethoven dont elle enregistre actuellement l'intégrale".
Et ce fut le début de la conquête du public. Commentant elle-même les œuvres de son programme et jouant sans partition, Edna Stern a offert au public un jeu empreint d'une réelle sensibilité, doté d'une stupéfiante palette de couleurs, une rare curiosité musicale et intellectuelle. Une mention très spéciale pour La Chaconne en ré mineur dans laquelle elle s'est transportée au-delà de la partition, par son "génie de l'âme", tout simple et sans mensonge intérieur. D'emblée on est pris par la suavité du son, intime et lumineux. Le "Clavier des Lumières" d'Edna joue sur le double-sens des "lumières", celles du XVIIIe siècle et celles qui jaillissent de son toucher de clavier et du choc du marteau sur la corde, révélant son immense sensibilité.
Quant à Beethoven, "il était incroyable, violent et susceptible. Avec son tempérament explosif lié à sa surdité, il a changé les règles du jeu: dans Bach et Mozart, la structure est très importante, avec Beethoven, c'est l'émotion qui domine et ses œuvres tardives ont pavé le chemin du romantisme", a-t-elle expliqué avant d'enchanter à nouveau le public.
Ovationnée par son public, Edna Stern l'a remercié de trois rappels. Deux études, l'une de Chopin, l'autre de Scriabine, "pour marquer le début et la fin du XIXe siècle". Puis, Suggestion diabolique, de Prokofiev, "pour franchir le pas définitif vers le modernisme".
LE PROCHAIN CONCERT
Récital de piano Aimo Pagin, samedi 22 février à 17h30 à l'Oustau Calendal (Liszt, Bach, Debussy et Schubert). L'esplanade Aristide-Briand sera ouverte au stationnement pour le concert. Entrée 25 €, tarif réduit 18 €. Cocktail dînatoire 25 € (uniquement sur réservation au Tel 06 67 92 02 80). Un bulletin de réservation disponible sur www.musicalescassis.com permet de réserver et de recevoir ses billets par courrier.